*"Dès que je le vis, je sus que Léopold Wiesbeck m'appartiendrait. J'avais onze ans, il en avait vingt-cinq." - Emilienne*

*"Dès que je le vis, je sus que Léopold Wiesbeck m'appartiendrait. J'avais onze ans, il en avait vingt-cinq." - Emilienne*
*


...........J'étais debout devant la porte grise, je portais une jupe beige pâle et un chandail couleur de perle éteinte: j'avais les couleurs mêmes de son tableau, de son âme, de sa vie.
...........Il me vit.
...........Pour la première fois, il me regarda et me vit. Je savais que mes yeux étaient du même gris argent que l'eau gelée, que j'avais un teint de sable au soleil. Il s'immobilisa, comme à Ostende, comme il ne le faisait qu'à l'extrême de l'émotion. Je fis mon entrée en lui par effraction, je fus, au-dehors, dans ce que son regard captait, la réplique exacte d'une image qu'il portait en lui sans l'avoir jamais vue. C'est ainsi que depuis quatre ans je m'étais construite, telle que, lorsqu'il me verrait, je serais devenue la représentation même de sa rêverie la plus secrète, celle dont il ne savait rien et dont il aurait la révélation en posant le regard sur moi. Il resta figé, regardant un rêve qu'il n'avait pas encore fait et qui se dressait devant lui, bouleversé par l'évidence qui m'avait transpercée quatre ans plus tôt, ses yeux gris fixés sur mes yeux gris, reconnaissant sans le savoir son image dans l'eau. Je ne bougeais pas, laissant le moment se déployer en lui, je me regardais devenir présente, je me voyais prendre forma en lui et j'admirais, éblouie, l'amour en train de naître.
...........- Émilienne? dit-il.

La plage d'Ostende - Jacqueline HARPMAN


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# Posté le mardi 05 février 2008 02:06

Modifié le mardi 05 février 2008 02:35

*"Il y a des minutes de vérité à ne pas louper... - Romaric*

*"Il y a des minutes de vérité à ne pas louper... - Romaric*
*

...........Il sentit le désespoir le gagner. Il savait que certains enfants, autour de leurs treizes ans, devenaient des Apprentis Sorciers. Mais il ne s'était jamais demandé comment cela se passait, pour la bonne raison qu'il aspirait, lui, à être Chevalier! Donc, un jour ou l'autre, Écuyer. Le problème, c'était qu'un Écuyer ne pouvait pas devenir Sorcier, de la façon qu'un Apprenti ne pouvait pas devenir Chevalier.
...........Intrigué par son silence, Quadehar lui demanda:
....- Il y a quelque chose qui te dérange? Si tu penser à ta mère ou à ton oncle, je me fais fort d'obtenir leur accord! Si c'est à tes études, ne t'inquiète pas: nous travaillerons seulement certains soirs, le mercredi et le samedi après-midi, ainsi que le dimanche...
....- Non, tenta d'expliquer Guillemot qui sentait sa gorge se serrer, c'est... c'est la Confrérie. C'est mon rêve de devenir Chevalier du Vent!
...........Qadehar devint grave.
....- Je comprends. Réfléchis bien, mon garçon. Et pèse ta décision: car, comme tu dois le savoir, si tu accepter de suivre mon enseignement, tu pourras jamais entrer dans la Confrérie. Telle est la loi: Sorcier et Chevaliers oeuvrent ensemble, mais ne se mélangent jamais...
...........Guillemot était désemparé. Que devait-il faire? S'il acceptait, il perdait toute chance de porter un jour l'armure turquoise des Chevaliers dont les exploits l'enthousiasmaient depuis qu'il était en âge d'écouter des histoires! À l'inverse, l'univers de la Guilde et des Sorciers lui avait toujours part étrange, effrayant même. Qu'allait-il y trouver? Que dissimulaient ces hommes dans l'ombre de leurs manteaux? Il l'ignorerait s'il disait non à l'offre. Une phrase de Romaric lui revint avec neteté en mémoire. Son cousin avait dit à Gontrand, juste avant son triomphe: "Il y a des minutes de vérité à ne pas louper... et je crois que c'en est une!"
...........C'était peut-être la sienne, maintenant. Il décida de se fier à son instinct, et, plantant son regard dans les yeux froids du Sorcier, il lui demanda:
....- Est-ce que vous pensez vraiment que je doive accepter?
....- Oui, Guillemot, je le pense, répondit Qadehar sans hésiter.
...........Le garçon fut l'air de réfléchir puis hocha la tête d'un air convaincu.
....- D'accord. Je veux bien, lâcha Guillemot, en se levant à l'eau. Mais à vous de convaincre ma mère et mon oncle!
...........Qadehar eut un sourire satisfait et se leva du lit où il était resté assis.
....- Je m'en occuperai. Mais, avant toute chose, il faut formaliser notre accord.
...........Il fouilla dans son sac et en sortit un monceau de charbon.
....- C'est du charbon d'if, l'arbre magique par excellence.
...........Il s'approcha de Guillemot, lui prit la main droite et dit un dessin à l'intérieur avec le charbon.
....- C'est le signe de l'obéissance, indispensable à celui qui apprend.
...........Il dessina également quelque chose dans la paume de sa propre main.
....- Le signe de la patience, indispensable à celui qui enseigne. Maintenant, répète après moi: " Moi, Guillemot, accepté d'apprendre la magie et prends Qadehar comme Maître."
...........Guillemot répéta, avec un inexprimable sentiment de soulagement. À son tour Qadehar déclara:
....- Moi, Qadehar, Sorcier de la Guilde, accepté d'enseigner la magie et prends Guillemot comme Apprenti.
...........Puis ils se serrérent vigoureusement la main, mélangeant ainsi les traces de charbon.
....- Tu ne le regretteras pas, Guillemot. Fais-moi confiance...
Guillemot l'espérait de toutes ses forces, car il était trop tard pour faire marche arrière.


Qadehar le Sorcier – Erik L'Homme


Triologie « Le Livre des Etoiles »


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# Posté le mardi 05 février 2008 14:29

*"La littérature ne bégaie pas l'existence, elle l'invente, elle la provoque, elle la dépasse" E.E.Schmitt*

*"La littérature ne bégaie pas l’existence, elle l’invente, elle la provoque, elle la dépasse" E.E.Schmitt*
*


...........Moïse,
...........Excuse-moi, je suis parti. Je n'ai rien en moi pour faire un père. Popol...


...........Et là, c'était barré. Il avait sans doute encore voulu me balancer une phrase sur Popol. Du genre : «avec Popol, j'y serais arrivé, mais pas avec toi» ou bien «Popol, lui, me donnait la force et l' énergie d'être un père, mais pas toi», bref, une saloperie qu'il avait honte d'écrire. Enfin je percevais bien l'intention, merci.

...........Peut-être nous reverrons-nous, un jour, plus-tard, lorsque tu seras adulte. Quand j'aurai moins honte, et que tu m'auras pardonné.
Adieu


...........C'est ça, adieu !

...........P.-S. J'ai laissé sur la table tout qui me restait. Voici la liste des personnes que tu dois informer de mon départ. Elles prendront soin de toi.

...........Suivait une liste de quatre noms que je ne connaissais pas.
Ma décision était prise. Il fallait faire semblant.
Il était hors de question que j'admette avoir été abandonné. Abandonné deux fois, une fois à la naissance par ma mère ; une autre fois à l'adolescence par mon père. Si cela se savait, plus personne ne me donnerait ma chance. Qu'avais-je de si terrible ? Mais qu'avais-je donc qui rendait l'amour impossible ? Ma décision fut irrévocable : je simulerais la présence de mon père. Je ferais croire qu'il vit là, qu'il mange là, qu'il partage toujours avec moi ses longues soirées d'ennui.

Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran - Eric-Emmanuel Schmitt


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# Posté le mercredi 06 février 2008 05:34

Modifié le mercredi 06 février 2008 06:34

*Aussi libre qu'un rêve. De tout ce que je garde de toi,c 'est ce cri qui résonne sans cesse en moi - Silnëi*

*Aussi libre qu'un rêve. De tout ce que je garde de toi,c 'est ce cri qui résonne sans cesse en moi - Silnëi*
*


Aussi libre qu'un rêve, c'est mon credo, mon cri,
L'aube embrase le ciel et déchire la nuit.
Cahque fibre de mon corps hurle devant la loi,
Wallow, tu vas tomber, tu n't'en remettras pas.

Ce sont des hommes qui se relèvent,
C'est un signal qui se propage,
Ballayant tout sur son pasage,
AUSSI LIBRE QU'UN RÊVE!

Tu peux nous enfermer dans des prisons de lois,
Mais on n'mure pas les rêves, ils sont libres malgré toi,
À tes menaces de mort on oppose nos rimes,
Tu peux tuer nos corps, mais nos esprits sont libres.

Ce sont des hommes qui se relèvent,
C'est un signal...

...........
Snoops et les autres membres du groupe s'étaient instinctivement rapprochés. Les yeux brillants, ils restaient bouche bée devant les écrans, dévorant du regard leurs propres images. Un frisson électrique hérissait leur peau et soudait leur corps. Pas de doute, aujourd'hui était bien leur jour, à tous points de vue! La foule reprit en coeur le refrain. Silnëi sourit, émue. C'étaient ses mots qui s'envolaient ves la liberté. Aux alentours de la statue, les jeunes de toutes écoles mélangées commençaient à danser.

Aussi libres qu'un rêve - Manon Fargetton

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# Posté le mercredi 06 février 2008 06:31

Modifié le mercredi 06 février 2008 06:59

*"Le Monde de Narnia" est une œuvre traduite en 34 langues et vendue à plus de 85 millions d'exemplaires.*

*"Le Monde de Narnia" est une œuvre traduite en 34 langues et vendue à plus de 85 millions d'exemplaires.*
*

....- Sire, remarqua la reine Lucy, selon toute vraisemblance, lorsque ce pilier et cette lampe furent installés ici, les arbres étaient plus petit, ou moins nombreux, ou peut-être même n'y en avait-il pas. Car ce amis est jeune, et ce pilier est vieux.
...........Ils continuèrent à le regarder. Puis le roi Edmund dit:
....- Je ne sais pas pourquoi, mais cette lampe sur le pilier me bouleverse étrangement. J'ai la curieuse impression de l'avoir déjà vue; peut-être dans un rêve, ou dans le rêve d'un rêve...
....- Sire, répondirent-dls tous ensemble, nous éprouvons le même sentiment.
....- Un sentiment plus puissant encore, précisa la reine Lucy, car je ne peux chasser de mon esprit l'idée que, si nous allons au-delà de ce pilier et de cette lanterne, nous rencontrerons d'étranger aventures ou alors quelque bouleversement de nos fortunes.
....- Madame, dit le roi Edmund, une inquiétude semblable étreint mon coeur.
....- Et le mien aussi, noble frère, dit le roi Peter.
....- Et le mien également, renchérit la reine Susan. C'est pourquoi je conseille que nous retournions vivement près de nos chevaux et que nous abandonnions la poursuite du cerf blanc.
....- Madame, rétorqua le roi Peter, veuillez, je vous prie, m'excuser. Jamais, depuis que nous sommes tous les quatres rois et reines à Narnia, nous n'avons abandonné une noble action, une fois que nous l'avions entreprise, que ce soit des batailles, des queues, des faits d'armes, des actes de justices ou autres; au contraire, nous avons toujour achevé ce que nous avions commencé.
....- Ma soeur, observa la reine Lucy, mon royal frère dit vrai. Et il me semble que nous devrions être couverts de honte si, pour quelque crainte ou prémonition, nous renoncions à suivre un gibier si noble, maintenant que nous l'avons couru.
....- C'est également moi opinion, dit le roi Edmund. Et je désire tellement trouver la signification de cette énigme que je ne voudrais pas n'en retourner, même si l'on m'offrait le joyau le plus précieux de tout Narnia et de toutes les îles.
....- Alors, par le nom d'Aslan, répondit la reine Susan, si tel est notre devoir, qu'il en soit ainsi, et acceptons l'aventure qui nous attend!
...........Ainsi ces rois et ces reines entrèrent dans le fourré et, avant qu'ils n'y aient fait quelques pas, ils se rappelèrent tous que la chose qu'ils avaient vue s'appelait un réverbère; et avant qu'ils n'aient fait vingt pas de plus, ils remarquèrent qu'ils se frayaient un passage non pas à travers des branches mais à travers des manteaux.


Le monde de Narnia - C.S. LEWIS

Chapitre 2 & Chapitre 4 adaptés au cinéma

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# Posté le mercredi 06 février 2008 15:18

Modifié le samedi 19 juillet 2008 13:58